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Le featuring, entre alchimie et stratégie !

Ces dernières années, le nombre de featurings se multiplient considérablement et occupent une place majoritaire dans le haut des charts français. L’optique d’un hit, la recherche d’une nouvelle audience ou la promotion d’un artiste, nombreux peuvent-être les objectifs d’une collaboration entre deux artistes.

Contrairement au modèle américain où les rappeurs payent la collaboration avec un artiste selon une grille tarifaire fixée par les producteurs (un featuring avec Jay-Z coute 200 000 $), les featurings dans le rap français se font plutôt par échange de bons procédés, dans une volonté artistique ou commerciale. Plusieurs facteurs rentrent donc en ligne de compte en vue d’une collaboration. Premièrement, il y a le facteur de la rentabilité commerciale, dans une époque où les featurings sont omniprésents dans le top des charts.

Quand deux rappeurs, de réputation et de visibilité équivalente, collaborent ensemble, ils recherchent avant tout à produire un hit, en profitant de leur double visibilité. Par exemple, quand un artiste invite Ninho sur un morceau, celui-ci est 5.8x plus écouté que ses autres morceaux, remarque Rapsodie, en se basant sur les chiffres de Spotify.

Tefa, DJ, producteur et beatmaker explique en effet que : « Si vous faites un featuring, vous êtes au moins deux, vous avez alors plus de chances de vous retrouver dans une playlist et donc d’être écouté. C’est sûr, il faudra partager les bénéfices, mais c’est mieux que de tomber dans les méandres de Deezer et de Spotify. » 

L’alchimie : la clé du succès

Cependant, pour que le titre fonctionne, il faut une alchimie entre les deux artistes, pour qu’ils puissent paraître complémentaire et produire un morceau harmonieux et cohérent. Alexis Puterflam, directeur artistique et responsable marketing chez Elektra (Warner Music) ayant travaillé avec Booba, Damso et Niro, témoigne de l’importance pour un rappeur d’avoir cette « connexion » dans l’optique d’une collaboration, en prenant le cas de Booba« Avec lui, il n’y a même pas de possibilité que le morceau ne marche pas. Mais Booba ne fait pas de featuring à l’arrache pour autant ; il ne fait que ce qui lui plait. Quand il fait des featurings avec des artistes, c’est parce que c’est des artistes qu’il aime bien. En l’occurrence, Booba est peut-être un des seuls rappeurs qui ne réfléchit plus stratégiquement mais au coup de coeur ». 

Dans le cadre d’un album, un featuring apporte de l’originalité et de nouvelles couleurs, pour un rendu plus complet et diversifié. D’ailleurs, dans cette recherche d’un nouveau souffle, certains rappeurs n’hésitent pas à collaborer avec des artistes d’un style totalement opposé au leur, dans le but de surprendre son public mais également d’attirer l’attention. Le morceau Here, fruit du featuring entre Booba et la chanteuse Christine and the Queens, illustre parfaitement ce mélange de style diamétralement opposés. Bien qu’il n’ait pas connu un grand succès commercial, ce titre est, artistiquement parlant, une réussite.

Le featuring, un coup de projecteur

Le featuring est aussi un moyen de se faire connaître. Un artiste méconnu qui collabore avec un grand nom du rap sera sous la lumière des projecteurs et aura donc une occasion de se faire connaître du grand public. De nombreuses têts d’affiche du paysage rap actuel se sont d’ailleurs fait connaître grâce à des featurings, Damso avec Booba, SCH avec Lacrim, etc.

Cependant, une belle collaboration ne garantit pas une carrière toute tracée pour l’artiste. « Un gros featuring peut rendre service à un artiste débutant, mais il faut que l’artiste en question ait un univers suffisamment fort pour pouvoir être clairement identifiable et se démarquer du rappeur confirmé avec qui il collabore », explique Oumar Samaké, manager de Dosseh, Joke et Dinos.

Pour le grand rappeur, l’intérêt qu’il tire de mettre en lumière un artiste débutant est de l’engager dans sa maison de disque et donc de tirer des bénéfices de son succès, de miser sur lui en vue de collaborations ultérieures, ou simplement de valoriser un artiste qu’il apprécie. C’est donc, pour lui une sorte de pari, ou d’investissement. En refusant une collaboration avec un artiste débutant, les rappeurs peut cependant se mettre à dos une star de demain. À eux, donc, d’avoir du flair.

« Maintenant j’refuse des feats à des gens qui me refusaient des feats » Dinos – Booska Taciturne

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